
Père Richard L'Archer, i.v. Dei
18 Sept 2025
Chaque année, au cœur de l’été québécois, la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré devient un carrefour vibrant de foi et de prière.
Du 17 au 26 juillet, la Neuvaine préparatoire et la Fête, en l’honneur de sainte Anne rassemble des milliers de pèlerins de tous horizons. L’édition 2025, s’inscrivant dans l’année jubilaire voulue par le pape François, paix à son âme, portait le thème universel : « Pèlerins d’espérance ». Un thème qui a résonné avec force et justesse dans le cœur des fidèles.
À la Basilique, cette grande Neuvaine se décline chaque année en deux parcours spirituels parallèles: l’un en français, l’autre en anglais. Une richesse pastorale exceptionnelle qui permet à des pèlerins de diverses langues de vivre une même démarche d’intériorité, chacun dans sa langue, tout en partageant les mêmes lieux sacrés, les mêmes gestes de foi et souvent, la même ferveur.
Pour les francophones, l’animation fut assurée avec brio par Monseigneur Yvan Mathieu, évêque collaborateur à l’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall et prédicateur principal. Il n’avait pas la tâche facile: trois célébrations eucharistiques par jour, pendant neuf jours, sans compter les rencontres personnelles, les bénédictions, les regards échangés, les silences partagés. Comme le soulignait le père Jacques Fortin, C.Ss.R., dans ses remerciements officiels, cela représente près d’une trentaine d’homélies à livrer, toutes enracinées dans la Parole et dans l’actualité du cœur humain. Il faut une foi profonde, une intelligence pastorale fine et une endurance de pèlerin pour tenir un tel rythme.
Du côté anglophone, l’expérience fut tout aussi édifiante. Le père Eugene O’Reilly, C.Ss.R., bien connu pour ses dons de prédicateur et de compositeur musical, a su porter la parole avec tendresse et autorité. À la fin de ses homélies, il offrait souvent un chant de sa propre composition, que les fidèles accueillaient avec émotion. Sa voix habitée et son regard tourné vers l’essentiel ont touché de nombreux cœurs, dont le mien. Les deux prédicateurs, chacun à leur manière, ont su conjuguer beauté, profondeur, humour et espérance – et l’on pourrait même dire qu’ils avaient la voix de leur mission, puisque les deux étaient dotés d’un talent particulier pour le chant.
Pour ma part, je peux dire en toute vérité que cette Neuvaine 2025 restera comme un sommet dans mes années de service à la Basilique. Moi qui suis un prêtre attitré au ministère depuis des décennies, j’ai vu, encore cette année, la puissance d’un sanctuaire vivant, la force des sacrements, l’amour manifesté dans de petits gestes simples, etla présence bienfaisante de la Bonne Sainte Anne qui veille sur tous ses enfants.
Les foules n’ont pas seulement rempli les bancs : elles ont emporté dans leur cœur une foi vive, une paix profonde et une joie qui ne trompe pas. On y a vu des malades, des familles, des jeunes et des anciens, des personnes en quête de lumière ou désireuses de rendre grâce, et tous sont repartis en ayant reçu quelque chose : une parole, un sourire, une prière, un silence habité, et, pour les catholiques qui le désiraient, l’absolution et la communion au Corps du Christ. Comme si la sainte patronne du Québec, cette Grand-maman de Jésus que nous aimons tant, avait pris chacun de ces pèlerins par la main pour l’amener un peu plus près du cœur de Dieu.
Oui, sainte Anne continue de rassembler. Elle console, elle enseigne, elle écoute. Selon moi, elle est la deuxième femme la plus forte de l’Évangile : mémoire vivante de la fidélité de Dieu, la mère de la Mère, l’aïeule de notre Sauveur. Dieu l’avait choisie pour être telle, car elle conjuguait la force et la douceur, la tempérance dans la prière, l’humilité par le travail et l’abandon dans la souffrance. Et tant que des cœurs viendront à elle avec confiance, elle ne cessera d’intercéder, de bénir, de conduire vers son petit-fils Jésus.
Que cette Neuvaine 2025 porte encore longtemps son fruit, et que nous restions tous, dans les jours ordinaires de nos vies, des pèlerins d’espérance. Car marcher avec Dieu, c’est déjà espérer. Et espérer, c’est déjà aimer.
TOUTES LES PHOTOS SONT DE EDITH CARBONNEAU ET SEAN BERNARD TAN POUR LA PROVINCE RÉDEMPTORISTE DU CANADA.
Article initialement publié sous le titre « Pèlerins d'espérance à la neuvaine 2025 : une grâce toujours vivante » dans l'édition de septembre de The Scribe.









































