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La résurrection, fondement de notre espérance

Mgr. John Gerard Pettipas, C.Ss.R.

24 Apr 2026

Transcription de la réflexion sur l’Évangile de la Veillée Pascale, présentée par Mgr John Gerard Pettipas, C.Ss.R., dans le cadre de la série de vidéos de réflexion sur le Carême proposée par le Bureau des communications de la Province du Canada.

Il n’y a aucun doute là-dessus : l’événement central de la foi chrétienne est la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Les quatre évangiles – Matthieu, Marc, Luc et Jean – racontent tous la mort et la résurrection de Jésus. Les quatre ne contiennent pas tous un récit de la naissance de Jésus à Bethléem – seuls deux d’entre eux, Matthieu et Luc, comportent des récits de l’enfance. Mais les quatre parlent de la mort de Jésus – et, plus important encore, de sa résurrection d’entre les morts. L’événement pascal du tombeau vide et de la résurrection de Jésus est sans aucun doute plus significatif que tout autre aspect de notre foi.


Une fois ressuscité du tombeau, Jésus apparaît à de nombreuses personnes, à commencer par un petit groupe de femmes. Dans le récit de Matthieu, il s’agit uniquement de Marie-Madeleine et de « l’autre Marie », que l’Évangile de Marc identifie comme la mère de Jacques. Très vite s’ensuit son apparition aux apôtres. Au cours des jours suivants, Jésus apparaît à bien d’autres encore. Et quelle est la réaction générale face à ces apparitions et à la nouvelle qui en est faite ? L’incrédulité, bien sûr. Ils n’arrivent pas à y croire. Il y a eu, au cours de l’histoire et même de nos jours, de nombreuses personnes qui ont frôlé la mort, ce que nous appelons aujourd’hui des « expériences de mort imminente », dont la mort semblait certaine, mais qui sont revenues à la vie et sont capables de raconter ce qu’elles ont vécu avant de revenir. Vous avez peut-être vu le film « Et si le ciel existait? », l’histoire vraie d’un jeune garçon atteint d’une appendicite aiguë, Colton Burpo, qui est mort sur la table d’opération, mais qui est revenu à la vie. Est-il vraiment mort ? Ou est-il simplement sorti d’une anesthésie profonde, ou d’une sorte de coma ? Nous pourrions être enclins à tirer cette conclusion. Mais Colton est revenu en sachant des choses qu’il ne connaissait pas et qu’il n’aurait pas pu savoir. Il est toujours difficile de croire que quelqu’un puisse réellement revenir d’entre les morts — si difficile, en fait, que la plupart des gens ne peuvent tout simplement pas l’accepter. Il n’est donc pas étonnant que Thomas ait eu besoin de toucher les blessures de Jésus avant de croire. Dans le cas de Jésus, il ne fait aucun doute qu’il était mort. Et à moins d’une intervention divine, la mort est si définitive que personne n’y survit. Nous avons un dicton, n’est-ce pas, qui dit : « Voir, c’est croire. » « Je le croirai quand je le verrai. » Peut-être que le dicton devrait être : « Je le verrai quand je le croirai. » La foi précède la vue, et non l’inverse.


Beaucoup de gens ont du mal avec la foi. Ce n’est pas seulement un phénomène moderne. À travers les âges, les gens ont eu du mal à croire en Dieu ou en ce qu’enseigne l’Église. Ils vivent la foi comme une crise. Même s’ils ont été élevés par des parents croyants, ils en viennent eux-mêmes à rejeter la foi dans laquelle ils ont été élevés. En même temps, nous voyons aussi de nombreuses personnes qui viennent à la foi en Jésus et en son Église, ou qui reviennent à la foi qu’elles professaient autrefois, mais dont elles s’étaient éloignées ou qu’elles ne revendiquaient plus comme la leur. La résurrection de Jésus est au cœur de notre foi et de notre confiance en lui. Comme le dit saint Paul dans 1 Corinthiens 15, 14 : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine. » Dans la liturgie de la veillée pascale, le baptême et l’accueil des adultes au sein du Corps du Christ sont devenus une expérience significative. Non seulement nous nous réjouissons que le Christ soit mort et qu’il soit maintenant ressuscité d’entre les morts, mais nous célébrons aussi avec une grande joie le baptême des adultes qui ont suivi le catéchuménat au cours des derniers mois. Jésus renaît ; il en va de même pour ces catéchumènes. Si nous avons la chance d’entendre les récits de conversion de ces adultes, c’est toujours très émouvant. Ils diront souvent que venir à la foi, c’est comme renaître. Ils étaient morts, en quelque sorte, mais maintenant ils se sentent vivants comme jamais auparavant.


Bien plus que ce que nous ne ferions jamais avec des nourrissons lors de leur baptême : ici, les adultes sont souvent entièrement immergés dans l’eau baptismale. Non pas une seule fois, mais trois fois, le prêtre ou le diacre immerge le candidat, en affirmant à chaque fois: «Je te baptise au nom du Père» (il est plongé sous l’eau), «et du Fils» (il est plongé à nouveau), «et du Saint-Esprit» (il est immergé une troisième fois). Ce que cela implique, c’est que l’acte de mourir et de revenir à la vie avec Jésus ne se produit pas une seule fois, mais à maintes reprises ; cela devient un modèle pour votre vie de chrétien. Nous mourons à maintes reprises, pour le bien de la vie des autres et de la communauté, et nous renaissons également à une vie nouvelle. Chaque fois que, dans votre vie, vous vous donnez entièrement, vous mourez et ressuscitez à une vie nouvelle. Lorsque vous tombez amoureux de la personne que vous souhaitez épouser, vous mourez à vous-même et donnez votre vie à votre conjoint. C’est, en quelque sorte, une mort et une résurrection. Chaque fois que vous donnez la vie à un nouveau-né, vous renoncez à vous-même et découvrez une nouvelle vie à travers votre enfant. Chaque fois que vous faites un sacrifice, qu’il soit modeste ou important, pour le bien de vos enfants, vous renoncez à vous-même et trouvez une nouvelle vie en eux. Chaque fois que vous décidez de rejoindre une organisation caritative ou de vous engager dans une cause, et que vous faites les sacrifices nécessaires pour le bien des pauvres et des nécessiteux, vous renoncez à nouveau à vous-même et trouvez la vie chez les autres. Lorsque, par exemple, je suis devenu Rédemptoriste et prêtre, j’ai été appelé à renoncer à moi-même pour donner la vie et l’espoir aux autres. Lorsque je fais un don généreux au profit des personnes dans le besoin et affamées de ce monde, je renonce à moi-même et j’offre une nouvelle vie aux autres.


Pour un chrétien, mourir et ressusciter n’est pas une expérience qui n’arrive qu’une seule fois dans une vie. Cela se produit souvent, et devient presque banal, si bien que je ne suis plus surpris ni réticent à entrer dans ce mystère. Lorsque viendra le moment de ma mort définitive à cette vie, je ne devrais pas être choqué ni surpris de réaliser que mon « heure » est venue. Le baptême est devenu le modèle de toute ma vie. Mort et résurrection.


Faut-il s’étonner, alors, que Noël et Pâques soient les deux pivots et moments forts qui structurent l’année liturgique ? La résurrection de Jésus vers une vie nouvelle a eu le plus grand impact sur la foi et la vie de chacun d’entre nous. Jésus est le Seigneur de la vie. Cette vie est si forte que même la mort, qui semble être la fin de la vie, n’est pas ce qu’elle paraît être, mais notre entrée dans la vie éternelle avec Dieu. Amen? Amen!

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