top of page

L’icône de la maison de ma grand-mère

Mgr Gerard Pettipas, C.Ss.R.

30 Jun 2026

Je n’ai jamais su comment cette icône avait reçu son titre, «Notre-Mère-du-Perpétuel-Secours». Ce n’est pas seulement une dame, c’est pourquoi je préfère ne pas l’appeler « Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours ». J’ajoute toujours le mot « mère » parce que je sais qu’elle n’est pas seulement la mère de Jésus, mais qu’elle est Notre Mère.

Quand j’étais petit, j’étais toujours intrigué chaque fois que j’allais chez ma grand-mère paternelle. Elle a été la dernière de mes grands-parents à nous quitter. De sa génération, je ne connaissais qu’elle et le père de ma mère. Mes grands-parents étaient des personnes fascinantes dans ma vie. La mère de mon père, en particulier, dégageait une certaine piété. Avec le recul, je dirais que ses images religieuses exerçaient sur moi un certain attrait. L’une de ces images qui se démarquait était une icône de Notre-Mère-du-Perpétuel-Secours. La Sainte Vierge portait une tenue singulière ; l’Enfant Jésus était habillé comme je ne l’avais jamais vu auparavant. Quant aux deux anges, c’était tout simplement incroyable ! Mais j’aimais bien contempler cette image. Elle dégageait une atmosphère étrangement surnaturelle. Je ne l’ai vraiment comprise que bien plus tard dans ma jeunesse, lorsque je me suis inscrit au St. Mary’s College de Brockville, le petit séminaire des Rédemptoristes de l’Est du Canada. C’est là que j’ai appris en détail sa signification et son histoire, et comment cela allait m’influencer en tant que futur Rédemptoriste.


Nos coreligionnaires de l’Église orientale me parlaient souvent des icônes, nous convainquant, nous qui voulions bien les écouter, qu’il ne s’agissait pas de simples images. En fait, cette description en était venue à paraître blasphématoire. Plus que de simples images, les icônes sont des fenêtres ouvertes sur le sacré. Elles avaient le pouvoir de nous transporter au-delà de notre monde terrestre, dans une autre dimension, où nous pouvions toucher le sacré, ou plutôt où le sacré nous touchait. Les chrétiens orientaux seraient horrifiés à l’idée que les iconographes se contentent de « peindre » une icône. Ils ne se contentent pas de la peindre ; ils l’écrivent. Le but de ce moyen d’expression n’est pas simplement de représenter une image ; il s’agit de révéler une réalité qui appelle notre révérence, notre émerveillement face aux personnages représentés ou aux dispositions spirituelles qu’ils transmettent. À mesure que j’en apprenais davantage sur les icônes en général, et sur cette icône en particulier, ma révérence pour ces images grandissait. J’étais de plus en plus enclin à offrir des icônes en cadeau, et à considérer le fait d’en recevoir une comme bien plus qu’un simple cadeau.


L’icône de Notre-Mère-du-Perpétuel-Secours nous raconte une histoire. Selon la légende, la Sainte Vierge tenait un jour son enfant Jésus dans ses bras, lorsque les deux archanges, Michel et Gabriel, leur apparurent, tenant les instruments de la souffrance et de la torture du futur Jésus adulte. Saint Gabriel tenait la croix sur laquelle Jésus serait cloué ; saint Michel tenait la lance et l’éponge avec lesquelles les soldats romains lui infligeraient leurs tortures. Jésus, simple enfant dans les bras de sa mère, effrayé par ces prémonitions, se précipite vers le réconfort des bras accueillants de sa mère. Il courut si vite vers elle que la lanière de sa sandale se rompit, laissant celle-ci suspendue par une seule lanière.


La vision de Jésus, faite de torture et de souffrance, était si effrayante, et le réconfort de sa mère si chaleureux et protecteur, que son étreinte et ses paroles rassurantes suffisaient à combler tous ses besoins. Nous arrivet-il parfois de nous retrouver dans cet état ? Avons-nous parfois tant besoin d’être rassurés que seul l’amour d’une mère pourrait apaiser nos craintes et apporter la paix à notre cœur et à tout notre être ? C’est ainsi que je perçois l’icône de Notre-Mère-du-Perpétuel-Secours. Je n’ai jamais su comment cette icône avait reçu son titre, «Notre-Mère-du-Perpétuel-Secours». Ce n’est pas seulement une dame, c’est pourquoi je préfère ne pas l’appeler « Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours ». J’ajoute toujours le mot « mère » parce que je sais qu’elle n’est pas seulement la mère de Jésus, mais qu’elle est Notre Mère.


L’histoire de cette icône est longue et intéressante. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet ici, mais il suffit de dire qu’à un moment donné, la Sainte Vierge a fait savoir qu’elle souhaitait que cette icône soit vénérée dans une « église située le long de la rue qui relie les basiliques Sainte-Marie-Majeure et Saint-Jean-de-Latran à Rome ». Cette rue s’appelle la Via Merulana. Le long de cette rue se trouvait autrefois une église dédiée à saint Matthieu, desservie par des Augustins. Lorsque les troupes de Napoléon s’emparèrent de Rome à la fin des années 1790, elles estimèrent qu’il y avait trop d’églises dans la Ville éternelle ; leur solution fut d’en démolir un grand nombre, y compris l’église où était vénérée l’icône de Notre-Mère-du-Perpétuel-Secours. Une fois l’église Saint-Matthieu démolie, l’icône fut déclarée disparue.


Pour la mettre en sécurité, les Augustins l’avaient transférée dans une autre de leurs communautés située juste à la périphérie de Rome. L’armée française ayant quitté Rome, les Rédemptoristes avaient acquis un terrain le long de la Via Merulana et construit une église à peu près à l’emplacement même où se trouvait autrefois l’église Saint-Matthieu, dédiée cette fois à saint Alphonse de Liguori, fondateur de l’ordre des Rédemptoristes. Lorsque l’icône originale fut découverte, la révélation de son désir d’être vénérée dans « une église située sur la route entre Sainte-Marie-Majeure et Saint-Jean-de-Latran » fut également mise au jour ; les Rédemptoristes demandèrent donc au pape Pie IX de leur confier l’icône à condition qu’ils la remplacent par une image appropriée de Marie destinée aux Augustins. Le pape Pie IX, ayant donné suite à cette demande, appela les Rédemptoristes « à la faire rayonner et aimer dans le monde entier ».


Je pense que les Rédemptoristes ont accompli un excellent travail dans ce domaine au fil des ans et partout dans le monde.

News from the Province

bottom of page